Chaque année, la Journée internationale du LEGO est l’occasion de célébrer bien plus qu’un jouet. Elle rend hommage à une idée simple, presque banale en apparence, qui a pourtant transformé la manière dont des générations entières construisent, imaginent et comprennent le monde.
LEGO n’est pas seulement une marque. C’est un langage universel, une philosophie de création, et aujourd’hui une véritable culture mondiale.
Aux origines : une entreprise née de la contrainte
L’histoire de LEGO commence en 1932, au Danemark, dans un contexte économique difficile. Ole Kirk Christiansen, charpentier de métier, fonde un petit atelier de fabrication de jouets en bois. À l’époque, rien ne laisse présager que cette entreprise familiale deviendra l’un des groupes les plus influents de l’histoire du jouet.
Le nom LEGO apparaît en 1934, contraction de l’expression danoise “leg godt”, qui signifie “joue bien”.
Ce choix est révélateur : dès l’origine, LEGO n’est pas pensé comme un simple produit, mais comme une invitation à une manière de jouer.
La brique : une invention lente, mais révolutionnaire
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la brique LEGO telle que nous la connaissons aujourd’hui n’apparaît pas immédiatement.
Dans les années 40 et 50, LEGO expérimente les matériaux plastiques, alors encore peu utilisés dans le jouet. Les premières briques existent, mais leur tenue est imparfaite. Le vrai tournant arrive en 1958, avec le dépôt du brevet du système d’emboîtement moderne : le tube intérieur qui garantit une fixation solide tout en restant démontable.
Cette invention est fondamentale.
Elle transforme la brique LEGO en un système universel, compatible dans le temps. Une brique de 1958 fonctionne encore avec une brique produite aujourd’hui.
Peu d’objets industriels peuvent en dire autant.
Une philosophie de construction, pas seulement un jouet
Dès les années 60, LEGO développe une idée centrale :
les briques ne sont pas des objets finis, mais des éléments d’un langage.
Chaque set est pensé comme :
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un point de départ,
-
une proposition,
-
jamais une limite.
Cette philosophie explique pourquoi LEGO traverse les générations. Le jeu ne repose pas sur un scénario figé, mais sur la capacité de chacun à détourner, combiner, inventer.
LEGO n’enseigne pas quoi construire.
Il enseigne comment penser en construisant.
Les années de croissance… puis les premières erreurs
À partir des années 70 et 80, LEGO connaît une croissance spectaculaire.
La marque se diversifie :
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figurines,
-
villes,
-
espaces,
-
châteaux,
-
puis les premières licences internes.
Mais cette croissance s’accompagne aussi d’un risque : celui de se disperser.
Dans les années 90, LEGO multiplie les gammes, complexifie son catalogue, s’éloigne parfois de sa philosophie originelle. Certaines lignes sont trop spécialisées, trop fermées, trop dépendantes de pièces uniques.
Le cœur du système LEGO commence à se fragiliser.
La crise : LEGO au bord de la faillite
Début des années 2000, la situation devient critique.
LEGO enregistre des pertes massives. L’entreprise est trop lourde, trop complexe, trop éloignée de ce qui faisait sa force.
À un moment, la question n’est plus celle de la croissance, mais de la survie.
LEGO frôle réellement la faillite.
Ce passage est rarement mis en avant, mais il est essentiel pour comprendre la marque actuelle.
Le retour aux fondamentaux
La renaissance de LEGO repose sur une décision clé :
revenir à la brique.
L’entreprise :
-
simplifie ses gammes,
-
réduit le nombre de pièces uniques,
-
réaffirme la compatibilité universelle,
-
écoute davantage sa communauté adulte.
C’est aussi à cette période que LEGO comprend une chose essentielle :
les adultes n’ont jamais cessé de jouer.
Les licences : un tournant stratégique maîtrisé
Contrairement à certaines idées reçues, les licences ne sont pas la cause de la crise LEGO.
Elles en sont au contraire l’un des leviers de renaissance, à condition d’être utilisées intelligemment.
Star Wars, Harry Potter, Batman, Jurassic Park, Retour vers le futur…
Ces univers permettent à LEGO :
-
de toucher de nouveaux publics,
-
d’ancrer ses briques dans la culture populaire,
-
tout en conservant son système de construction.
LEGO ne se contente pas d’adapter des licences.
Il les traduit dans son langage.
Combien de sets LEGO existent réellement ?
Il est difficile de donner un chiffre exact, mais les estimations convergent vers un ordre de grandeur impressionnant :
-
plus de 18 000 sets LEGO différents commercialisés depuis 1950
-
des centaines de thèmes distincts
-
une compatibilité maintenue sur plus de 60 ans
Aucune autre marque de jouet n’a atteint un tel niveau de continuité.
LEGO aujourd’hui : du jeu à la culture
Aujourd’hui, LEGO n’est plus seulement associé à l’enfance.
Il est présent dans :
-
l’éducation,
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l’architecture,
-
le design,
-
l’art contemporain,
-
et même la thérapie cognitive.
Les gammes adultes, les expositions, les collaborations artistiques montrent une évolution claire : LEGO est devenu un outil culturel.
Construire en LEGO, ce n’est plus seulement jouer.
C’est réfléchir, structurer, représenter.
De la construction à l’exposition
Avec cette reconnaissance culturelle, une nouvelle question s’impose :
comment faire exister ces constructions dans le temps ?
Certaines créations LEGO méritent d’être conservées, regardées, analysées. Elles ne sont plus faites pour être démontées immédiatement.
C’est là qu’apparaît une nouvelle lecture du LEGO : comme objet visuel, presque architectural.
Chez Kadris, cette réflexion se traduit par des œuvres murales conçues pour mettre en valeur :
-
la structure,
-
la logique de construction,
-
la lecture technique ou symbolique.
Le LEGO quitte l’étagère pour devenir une pièce à part entière de l’espace.
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Pourquoi une Journée internationale du LEGO a du sens
La Journée internationale du LEGO ne célèbre pas un produit.
Elle célèbre une idée.
Une idée selon laquelle :
-
la créativité est accessible à tous,
-
la construction est un acte intellectuel,
-
la simplicité peut être infiniment puissante.
Peu de marques peuvent revendiquer un impact aussi durable sur la manière dont nous pensons, jouons et créons.
Conclusion : une brique qui dépasse le temps
Depuis près d’un siècle, LEGO a traversé :
-
des crises,
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des erreurs,
-
des renaissances,
-
et des révolutions culturelles.
Et pourtant, la brique est restée la même.
Dans un monde en constante accélération, LEGO rappelle une chose essentielle :
construire, c’est comprendre.
Et c’est précisément pour cela que, bien au-delà de l’enfance, LEGO continue de rassembler, d’inspirer… et de durer.
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